Sunday, 13 October 2013

Quand je serai grande.

J'aime rêver.
Rêver aux gens qui nous ont quitté.
Rêver aux gens qui sont là.
Par contre, les rêves ne font jamais bien de bon sens.
Cependant ca me plait.
Il est difficile de comprendre ce qui peut se passer dans ce cerveau pour générer ses images d'irréels mais qui semblent si normales. Parfois, j'imagine le réel et le transforme.
Vous savez ce genre d'histoire qui dépasse le moment, celui ouu entre amis, ca dégénère. Une image poussée trop loin. Une image qui dépasse les limites de la réalité. Ca arrive souvent.
Connaître ses limites c'est quelque chose que je ne connaissais pas avant.
Il me semble, que les limites était si loin qu'elles ne paraissaient pas.
Je vie un sentiment de nostalgie quand je réalise que cette vie ne sera plus la même.

Je me souviens d'être toute petite, de vouloir un corps de femme, une vie de femme.
Vous vous souvenez les filles, jouer à être la professeure, la bibliothèque. Jouer à se maquiller (bien évidemment le résultat était plus que terrible). Jouer à être une madame avec le linge de nos mères.
Voler leurs vêtements et s'en déguiser.
Ces femmes, nos mères qui se sont démenées pendant des années et qui se démènent encore.
Elles semblaient être si forte. Elles semblaient être si invincibles.
Je voulais être comme elle. Ma mère. Avoir une armure de béton. Etre capable de tout, de sauver le monde!
Et je voulais mon prince charmant, j'étais une princesse.
Un homme aussi grand et bon que mon père. Un être rempli de bonheur.
Celui qui me protégeait et me donnait le plus grand amour du monde. Je croyais que c'était lui l'homme de ma vie!

Vous vous souvenez les filles d'avoir eu envie de devenir un être humain unique.
D'avoir vieillit et vouloir devenir femme. C'est fini le jeu. C'est maintenant la loi du plus fort.
C'est la recherche de soi. Avoir envie de devenir le contraire de ceux qui m'ont donné la vie.
Contester tout ce qui est dit, contester tout ce qui est demandé.
Vous vous souvenez les cachotteries, les heures aux téléphones, les lettres en papiers, les scéances photos, les sorties, le début des déboires, les soirées qui ne finissent jamais, l'âme en deuil de son enfance et en deuil de la réalité 'pitché' en pleine face. Réaliser que dans la vie on devra progresser seules. Et que la vie n'est pas un conte de fée. Il faut travailler, il faut se distinguer aux travers de cette jungle.

Vous vous souvenez les filles, que l'on a vieillit, que l'on s'est trouvé un peu. Un coeur d'ado en peine qui devient ouvert à la vie. Un coeur qui a eu des embûches et des culbutes. Certains coeurs ont eu plus de peines que d'autres, d'autres ont eu plus de chance que d'autres et d'autres n'ont pas passé au travers.

Vous regardez maintenant vos mères les filles et réalisez qu'elles ne sont pas des mères, mais bien des femmes. Vous remarquez qu'elles ont un coeur, elles ont des embûches, elles ont des culbutes.
Elles se donnent encore coeurs et âmes pour leurs enfants même si on sait se débrouiller.
Nos pères qui ne veulent pas que l'on vieillissent. Qui ne veulent pas qu'on quitte et qu'on trouve celui qui fera que l'on deviendra ''grande'' .
On réalise qu'ils sont humains, avec des défauts et des qualités.
Mais avec chacun un coeur tellement grand.
Si grand, qu'il sera difficile de pouvoir en faire autant.


Quand je serai grande...


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